Jodi est l’un des trois seuls squelettes conséquents de Nanotyrannus connus de la science, et elle est passée sous le marteau de Sotheby’s mardi, au terme de douze minutes de bataille entre six enchérisseurs. À 47,3 millions de dollars, elle atteint cinq fois la plus haute estimation — le deuxième prix jamais payé pour un dinosaure. Elle sort de la formation de Hell Creek, dans le Montana : 191 os et un crâne quasi complet, vendus avec les « pleins droits », soit la liberté d’en fabriquer et d’en vendre des répliques.

Les paléontologues sont mal à l’aise. Thomas Holtz, de l’université du Maryland, rappelle que des musées ferment pour des déficits dix fois inférieurs au prix de Jodi, et qu’un squelette caché dans un salon privé « ne vaut pas mieux que s’il était resté dans le sol ». Sotheby’s répond que la vente récompense ceux qui l’ont dégagée et sauvée : sur une terre privée américaine, un fossile appartient au propriétaire du sol, et sans marché une bonne part s’éroderait sans que personne la voie.